Archive | juillet, 2012

Happy Days

24 Juil

Ya pas à dire, certains jours sont « cools »

 Dans la vie PMA, ya quand meme un peu de Happy Days parfois, hier était une journée « Fonzie »

 Cette journée cool était la suite et fin de la journée la plus cool de ces derniers temps, le vendredi 13 Juillet. Oui, un vendredi 13 peut aussi etre a happy day !

 Ce jour la, entretien annuel avec mon boss, qui contrairement aux années précédentes s’est plus que bien déroulé. Des remerciements, des éloges, de l’avenir enthousiasment, bref, un entretien sympa.

 D’autant plus sympa qu’à la fin il m’a dit que pour l’Espagne, je ne devais pas me stresser pour l’organisation de la boite en mon absence, que je devais avant tout penser à nous,  y aller détendue, et que la boite gérerais en fonction. Un nouveau soutien de sa part qui encore une fois m’a touchée..

 2 heures après, coup de fil de mon gastroentérologue qui valide la FIV. Mon bordel au foie n’est pas grave, n’est pas lié aux traitements hormonaux et ne bougera pas ni avec hormones en doses atomiques, ni avec une grossesse. Cool !

 Je vous passe les autres petites joies de la journée, mais j’ai terminé ce vendredi 13 toute contente, toute légère

 Ce 23 Juillet a donc été The journée « Fonzie » : retour d’entretien où j’apprend que je suis augmentée de 10 % !! 10 !! en temps de crise ! … dingue … !

Explication de mon boss : pour vous remercier pour votre engagement depuis des années, et surtout pour que les questions d’argent ne soient pas un soucis en plus dans votre parcours PMA, on ne sait jamais, si vous avez besoin de repartir en Espagne…

Cool !

 Je rentre à mon poste de travail, un mail de la clinique espagnol me disant qu’ils ont vérifié tous mes documents et qu’ils nous attendent en Espagne en septembre, dès que le blocage de la première écho est confirmé, on attaque le traitement. Cooool !

 Bon, si je vous dis qu’on va partir en vacances en mode détendus relax et profitage à donf, vous me croyez ? 🙂

Il ya un an

17 Juil

Le résultat de ma FIV 2 est tombé il ya un an. Je n’y croyais pas (à juste titre), aussi, avais je déjà acheté un paquet de cigarettes, pour m’en griller une en signe de « j’men fout, je refume pisquec’estça !! »

Résultat négatif, j’ai donc  proposé à une collègue (une des rares à fumer) de descendre en griller une.

Je lui ai tendu le paquet, pour lui en proposer une, et dessus, une belle photo d’un landau, avec mentionné « fumer rend stérile ». Quelle ironie… J’en ai plaisanté, humour noir toujours, elle n’a pas rit, tentant un bref « mais non.. n’y penses pas, tu sais bien que c’est dans la tête tout ça… »

Oui, au bureau, depuis plus de 2 ans, c’était la leader syndicaliste du « Koa, arrêtes d’y penser, tu sais bien que c’est dans la tête tout ça ! »…

Le soir, je suis rentrée chez moi, râlant, rageant, éructant face à notre malchance. On a un peu pleuré, mais pas trop, on était un peu groggis.

Mais comme à chaque échec, le lendemain, on avait déjà de nouveaux projets positifs pour nous faire avancer, sachant que le temps aide à panser nos plaies, et puis, nous avions encore 2 FIV possibles ! Devant nous, 3 semaines pour préparer notre second voyage au bout du monde, une fuite à Tahiti, pour recharger nos batteries, nous retrouver, fuir la famille et ses descendances.

Déçus, tristes, mais encore au combat.

Puis le lendemain après midi, pause cigarette avec ma collègue. Et la, elle m’a sorti, de but en blanc : «  bon Koa, je sais que tu vas le deviner alors je préfère te le dire avant : je suis enceinte. »

Figée, anesthésiée, j’ai tenté un « félicitations à vous ! » … Elle m’a remerciée (visiblement je suis prête pour les Oscars, mon interprétation lui semblait sincère), puis a enchainé sur un : « mais je ne veux pas le dire aux autres, c’est trop frais encore. J’en parlerais en septembre, pour les 3 mois, en attendant c’est secret. » Ah …. Ok…..

Au bout de quelques minutes, qui m’ont paru une éternité, j’ai murmuré: aujourd’hui, je devrais être en train d’accoucher !

Un flash comme ça, venu de nulle part, car ma fausse couche ne m’a pas particulièrement touchée, et je n’y avais pas repensé depuis octobre précédent. Mais la, d’un coup, sous l’effet de cette annonce, mon inconscient a du réagir, piqué au vif : non seulement, elle m’annonçait cela le lendemain de mon échec, mais en plus, le jour où j’aurai du accouché si la génétique n’en avait pas décidé autrement.

Sa réponse ; Ah ? Moi, j’accoucherai début Mars.

Puis je suis remontée, ai envoyé un texto à petit chéri… sa réponse : je viens de me prendre un 33 tonne sur la tronche. Oui, moi aussi.

Puis je suis allée pleurer, loin, aux toilettes. Ce fut le début de longs mois de pleurs cachés, de bouffée de tristesse/colère/etc.. désemparée à chaque fois face à ces sentiments violents qui arrivaient d’un coup.

 

Elle m’avait tout volé. Ma grossesse, mon accouchement, mes espoirs. Mais surtout, ma bulle. Elle a ait éclaté ma seule bulle de respiration : mon boulot.

Le matin, depuis 3 ans, je déposais sur le paillasson de ma boite mes problèmes, n’y pensant presque pas de la journée, étant une femme 10 heures par jour, pas un utérus a scruter, un utérus à inséminer, à remplir à heures fixes. Juste, une nénette normale.

Avec cette annonce, cette bulle de protection m’a explosé au visage. Chaque minute, chaque seconde, en entendant sa voix, je me retrouvais face à mes échecs et blessures.

Elle a eu la décence d’être discrète, je pense même qu’elle s’est privée de beaucoup de partages de sa grossesse à cause de moi, mais j’ai eu mal tous les jours, un petit pique au cœur… alors que paradoxalement, j’étais heureuse pour elle et son mari…

En même temps, une de nos partenaires pro est tombée enceinte, donc toutes les 2 ont beaucoup parlé garde, douleurs de grossesse, etc.. et j’entendais, malgré moi…. La boule au ventre

Son départ en congé maternité à été une bouffée d’oxygène, même si encore une fois, le temps à apaisé ma colère.

Son fils est né le jour des 35 ans de mon mari. La fille de notre partenaire le jour de mes 35 ans.

Maintenant, si la FIV espagnole ne marche pas, j’angoisse pour sa reprise, en septembre …

Pudeur (nom féminin, Retenue, réserve, en particulier en ce qui concerne la sexualité)

9 Juil

Ce week-end, j’ai participé à ma première rencontre de forumeuses pmettes.

J’étais émue, j’avais le trac.

 Je m’en faisais une joie, rencontrer ces femmes que je suivais depuis des mois, des années, les voir, leur sourire, avoir un vrai contact après ces moments durs traversés à travers l’écran, ces joies partagées lors de la découverte d’un plus, d’une réussite.

 Je m’imaginais déjà les fous rires partagés à raconter nos anecdotes médicales, les phrases qui tuent de l’entourage. Je nous voyais déjà, la larme à l’œil écoutant les belles histoires couronnées de succès, la larme à l’œil trouvant de nouveaux espoirs pour les autres.  Je nous projetais complices de ces galères partagées.

 Des maris étaient la aussi, même si absents d’internet, aussi intimidés que nous.

 Nous étions une belle palette représentative de la PMA : une femme avec son petit, belle réussite après des années de galères, une femme attendant le fruit d’une FIV réussie, espoir d’une vie à 3 remplie de bonheur, une femme en attente de résultat, soit disant adieu à la PMA  pour au moins 9 mois après ses inséminations, ou prête à attaquer le dur chemin des fivs, une femme le cul entre 2 chaises (moi), ne sachant pas si je suis encore une attaquante ou une ex pmette, et une femme pour qui le chemin classique s’est arrêté.

 Ce moment la était le notre, un moment unique d’échanges d’expériences et de compréhension, la vraie, pas la « je comprends » d’un tiers, la je « sais » d’une pmette.

 Mais ce moment n’a pas eu lieu, la pudeur a jeté son voile imperceptible sur cette journée.

 J’ai vécu de belles rencontres, un vrai joli moment de découverte, une journée vraiment sympa, mais je suis frustrée.

 Frustrée de ne pas avoir osé aborder les sujets qui nous touchent, frustrée car moi qui suis en temps normal si « brut de décoffrage », si spontanée, je n’ai tout simplement pas pu lancer certains sujets de discussion.

 Frustrée finalement de me découvrir moi aussi, si pudique.

 Et tellement désorientée face à cette situation : comment aborder sereinement avec d’autres personnes ce qui nous touche au plus profond de l’intime, si même avec les plus concernées, on n’ose pas en parler ?

 

 

Stupéfix !

3 Juil

 

Lundi 25 juin, Rdv pour une IRM du foie. Il est confirmé une Hyperplasie Nodulaire Focale, une anomalie congénitale totalement bénigne, de 7 cm de diamètre. Le médecin IRM-iste me confirme que tout va bien, qu’il n’y a limite pas besoin de suivre la chose, mais il précise quand même sur son compte rendu qu’une nouvelle IRM après la grossesse peut être envisagée (ouah, c’est positif tout ça, après la grossesse…. 😀 )

Mardi 26 juin, Rdv avec le gastroentérologue qui devait me faire le courrier d’accord du début de traitement pour l’Espagne.. Il m’apprend alors qu’il a demandé conseil à un grand ponte du foie par rapport à ma situation : gamma gt toujours 3,5 fois la norme, malgré mon sevrage totale d’un mois. Il lui faxe le CR de l’irm et me promet le dit courrier-sésame pour vendredi 29.

Vendredi 29, n’ayant rien, il me contact tout penaud pour m’apprendre qu’on a un léger contre-temps… Le big spécialiste du foie se pose des questions…. Je dois lui envoyer en urgence le DvD de l’examen..

Pour quoi faire ? Parce qu’il a convoqué en urgence une commission de médecin de la famille des -logue (cancérologue, cardiologue, gastroentérologue etc ) pour évoquer mon cas…

Quand ça ? Jeudi 5 juillet, alors que je devrais commencer le traitement demain. 5 juillet, jour de mon anniversaire de mariage (oh ben tiens, le jour de mes 35 ans j’apprenais ma maladie génétique…)

Quoi ça ? Ben parce que le grand gourou de la H.N.F (mais siiiii le truc de 7 cm dedans de moi) ne sait pas se prononcer sur le risque de prendre (encore) un shoot d’hormones,

Parce que en gros, si ça se trouve, ce sont mes 7 traitements hormonaux précédents qui l’ont rendue aussi grosse (c’est la taille qui le fait tiquer), parce que si ça se trouve, il ne faut surtout pas que je prenne de nouvelles hormones, au risque d’un truc pas top…

Alors la la petite Koa, on lui a lancé le sort du Stupéfix, je suis figée… Pas d’angoisse, juste de « ah mais putain, ça va s’arrêter un jour ? Cuando nous partir à Madrid, nom d’un chorizo ? »

Mais surtout….. Je suis pas prête à entendre que c’est le bout du chemin, que pour raison de santé, on arrête ici le combat, que définitivement alors que plein de nouvelles options nous sont proposées, on doit faire notre deuil.