Archive | mars, 2013

Belle toute nue

28 Mar

Au dela des aspects psychologiques et de douleur a proprement parlé liée aux traitements, il ya aussi un effet secondaire de la PMA qui est important, mais que je trouve très peu souvent abordé : la prise de poids, ou en tout cas, le changement physique.

Peu abordé par les médecins car c’est secondaire, et surtout, je pense parce que chaque femme réagit différemment.

Pour ma part, c’est un des premiers sujets abordés avec ma psy, j’étais très inquiète de ce changement. Je lisais deci delà que certaines avaient pris jusqu’à 10 kg, que d’autres n’avaient jamais perdu.

C’était une peur très futile, je le reconnais mais..

Mais mon corps est depuis que je suis toute petite un « atout social » pour moi. Une bonne bouille, un sourire maitrisé et un corps svelte ouvrent plein de portes. C’est une triste constatation pour l’humain en général, car inégalité totale de la nature, mais c’est mon vécu, j’ai eu cet avantage, et je m’en suis aperçue très tôt.

Mon corps m’a permis de travailler dès que j’ai quitté mes parents, à 16 ans. Sans diplôme, mon enveloppe corporelle a été mon précieux outil de travail. J’ai été hôtesse d’accueil pendant des années, en évènementiel et je n’ai jamais eu de problème pour trouver des contrats, bouille/sourire/corps ont toujours été mon meilleur CV.

Ce corps, je ne l’aime ni ne le déteste, j’ai eu de la chance avec mon patrimoine génétique (enfin extérieur..), cet apport, je n’ai fait que le maintenir à niveau. Il était ce qu’il était, pas de problèmes majeurs. Un poids toujours stable, quelle que soit mon alimentation, avec ou sans sport plutôt le même.

Ce corps était un ami, au moins un domaine sur lequel je n’avais pas à me prendre la tête. Mon corps, cette chance (ou pas).

Jusqu’à la PMA. Et cette prise de conscience que je risquais de « prendre cher ».

Ça m’a fait peur au début mais très vite la priorité absolue est devenue la réussite, peu importaient les sacrifices. Et puis après tout, le but de la manœuvre n’était-elle pas de grossir et de devenir une baleine avec cette grossesse tant désirée ?

C’est donc avec détachement et aidée de mes fraises tagada que j’ai abordé les premiers traitements en iac
Puis les premiers traitements en FIV..
Puis le premier en FIV DPI…
Puis en fiv do….

A chaque échec, un petit shoot de réconfort sucré, saucissonné, ou apéritivé. Avec un gout de « à quoi bon ? … »

Et après 5 ans, 9 échecs, un constat : + 5 kg.

La casse n’est pas énorme me direz-vous, certes, mais je ne me reconnais plus. Je ne connais pas ce corps qui est passé du 36 au 40. Je ne sais pas qui est cette silhouette qui a tout pris des genoux à la taille. Je ne sais pas qui est cette personne avec un début de double menton sur les photos.

Je ne suis plus moi. Ou plutôt si, je suis moi, avec les stigmates de mes échecs, mon corps que je croise chaque jour dans la glace me nargue avec ces « héhé t’as vu, tu as tout perdu ! ». Il me reste ma bouille (qui a pris des joues), mon sourire s’éteint, et mon corps… me lâche….

Mais !!
Mais fidèle à mon positivisme, j’ai décidé de ne pas me laisser abattre. Ou plutôt, piquée dans ma fierté par l’ échéance « maillot de Bain à Bali », je tente de reprendre mon corps en main.

Au programme :

** Depuis le 5 Février (arrêt du traitement de la FIV DO) : « régime », enfin arrêt des grignotages, arrêt des apéros, je fais plus attention à ce que je mange en terme de gras / sucre, sans trop me frustrer gustativement.
** Tous les matins depuis le 5 Mars : crème anti cellulite avec petit massage perso
** 2 fois par semaine, sur une période de 6 semaines : palper rouler en institut (aie aie, bobo les bleus !! )
** 2 fois par semaine, sur une période de 6 semaines : 30 mn de powerplate.

Je prends officiellement mes mesures depuis le 18 Mars.

Bilan à faire le 25 Avril, veille de départ pour Bali

En tout cas, à 7 semaines de l’arrêt du traitement, j’en suis à -2.5 kg 🙂

En espérant (mais je n’y crois pas du tout) que je reparte quasi à 0 pour le début du traitement de Juillet ! 😀