Archive | février, 2014

Tout ça pour ça

23 Fév

Petite rétrospective de cette semaine, qui encore une fois ne mettra pas Février sur le podium de mes mois préférés…

Lundi 17 : rdv avec le chirurgien pour caler l’opération de l’ablation du reste de l’oeuf et des muqueuses qui trainent. J’ai changé d’hôpital, je suis cette fois ci a Foch. Bonne équipe, très sympa, à l’heure… Bref, j’expose mon cas, montre les photos de l’hystéroscopie de janvier, et il me dit « on va quand même faire une écho, ça serait dommage de vous opérer pour rien… Car peut être que tout est parti avec vos dernières règles » (tu veux parler du sang qui coule non stop depuis 3 mois ? Dur de définir les règles la dedans…)

Il me trouve une écho de libre, valide a l’écran qu’il ya bien encore ce « truc », en me confirmant un très bel endomètre et une belle réserve ovarienne (donc pour la Xième fois j’entend « ah mais tout va très bien !! C’est étonnant que ça ne fonctionne pas… » oui, je sais merci, l’usine est nickel, c’est la production qui est merdique…. Comme si je sortais des sacs de contrefaçons, mais dans l’usine Vuitton… )

Bref, il valide l’opération pour le mardi 25, réserve mon rdv avec l’anesthésiste le lendemain. Merci-aurevoir.

Mardi 18 : rdv anesthésiste, j’insiste bien sur mes malaises récurrents après réveil, elle le note, me rassure. Rapide mais efficace

Mercredi 19 : appel du secrétariat gynéco : une place s’est libérée, ils veulent avancer mon opération. Branles-bas de combat, je gère à l’arrache mes derniers dossiers, file me faire épiler, m’organise au mieux pour mes 2 jours d’absence.

Jeudi 20 : arrivée a 7h30 a jeun « oh mais vous êtes en avance, l’opération est a 11h30 » (arg, j’ai déjà faim !!!). Finalement je descend au bloc a 10h30.

Bonne organisation, je rentre au bloc sous une couverture chauffante (jamais vu ça 🙂 ) , l’anesthésie se met en place, bref, je plonge dans le sommeil…. Pour être réveillée brutalement, toujours au bloc. Le médecin me parle, je lui répond, je me rendors et on me transfert en salle de réveil.
Je ne me souviens pas trop de la discussion, j’ai un vague souvenir d’avoir entendu « il n’y a plus rien » je suppose donc que l’opération a réussi. Je passe par plusieurs phase de dodo/réveil.

Puis arrive l’interne, qui me débrief et me balance : en fait, on est rentré avec la caméra, mais il n’y avait plus rien dans votre utérus. Plus de rétention, plus de muqueuse. – Quoi ? Mais l’écho a confirmé, non ? – oui, ce n’était pas très clair…- j’ai donc eu l’opération pour rien ?! ? – pas vraiment pour rien, vous aurez eu une hystéroscopie… Sous AG.

Donc je résume : une anesthésie générale (alors que je la supporte mal) pour rien, un lit occupé une journée et payé par la sécu pour rien, une équipe médicale au complet mobilisée pour rien, 2 jours d’arrêts maladie, donc 2 jours de salaires en moins pour rien. Alors que le gynéco a insisté pour vérifier d’abord par écho.Tout ça pour ça.

Bon, c’est sur que je préfère une opération pour rien à une opération avec complications mais quand même…. Encore un coup de ma marraine la poisse, bienvenues dans ma vie de merde.

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Le pire est à venir

11 Fév

Début Juillet 2011, une collègue dont je suis très proche (au sens proximité physique et affective) m’a annoncé sa grossesse. Le lendemain de mon échec de Fiv 2. Le jour où j’aurais dû accoucher si je n’avais pas eu de fausse couche quelques mois avant.

Ça a été un cataclysme. Je travaille dans une petite boite avec pas mal de femmes, cela me pendait au nez, mais… pas à ce moment-là. Pas elle.

J’ai voulu partir, changer de boite, la fuir.. Mais mon boss a su m’écouter, trouver des solutions. Et surtout, elle a su ne pas trop m’imposer son bidon. Ces mois ont été très durs pour moi, mais la souffrance a pris fin à son accouchement. Le jour de l’anniversaire de mon mari.

J’ai culpabilisé longtemps à cause de cette satanée ambiguïté : heureuse pour elle, mais tellement triste pour moi. J’ai eu la sensation que face à mon désarroi, elle s’est bridée et j’ai l’impression de lui avoir « volé » les beaux moments de sa grossesse.

Vous me voyez venir, non ???

Miss sera la grossesse N° 82 de notre entourage depuis nos essais.

Ce matin elle m’a confirmé sa nouvelle grossesse « Je ne peux rien te cacher, je sais que tu sais ». Oui je sais, mais parfois, les réponses font plus mal que le doute.

Ainsi donc pile poil 2 mois après ma grossesse avortée, elle tombe enceinte. En C1.

Je pensais être doucement en train de faire le deuil d’un enfant que l’on aura surement jamais, passer devant des écoles ne me faisait plus rien, voir des femmes enceintes dans le métro m’était égal, je pensais gérer plutôt bien la perte de mon « espoir de bébé ».

Jusqu’à ce matin.

Je vais devoir assister impuissante à son ventre qui s’arrondit quand le mien va devoir subir un curetage pour enlever les derniers débris de cet « espoir de bébé ».

Je vais devoir supporter le bonheur épanoui quand je suis rongée de l’intérieur par le désespoir.

Je vais devoir gérer son remplacement quand elle partira en congé mater, peu de temps après la date où moi j’aurais dû partir.

Je vais devoir jouer Poker face quand mes collègues ne pourront, une fois de plus, pas comprendre la tempête intérieure qui m’anime.

Mais je pense que le pire est à venir.. la projection va être totale, je vais avoir mal, très mal.