Archive | Pma Saison 2 – fiv ICSI 1 et 2 RSS feed for this section

Il ya un an

17 Juil

Le résultat de ma FIV 2 est tombé il ya un an. Je n’y croyais pas (à juste titre), aussi, avais je déjà acheté un paquet de cigarettes, pour m’en griller une en signe de « j’men fout, je refume pisquec’estça !! »

Résultat négatif, j’ai donc  proposé à une collègue (une des rares à fumer) de descendre en griller une.

Je lui ai tendu le paquet, pour lui en proposer une, et dessus, une belle photo d’un landau, avec mentionné « fumer rend stérile ». Quelle ironie… J’en ai plaisanté, humour noir toujours, elle n’a pas rit, tentant un bref « mais non.. n’y penses pas, tu sais bien que c’est dans la tête tout ça… »

Oui, au bureau, depuis plus de 2 ans, c’était la leader syndicaliste du « Koa, arrêtes d’y penser, tu sais bien que c’est dans la tête tout ça ! »…

Le soir, je suis rentrée chez moi, râlant, rageant, éructant face à notre malchance. On a un peu pleuré, mais pas trop, on était un peu groggis.

Mais comme à chaque échec, le lendemain, on avait déjà de nouveaux projets positifs pour nous faire avancer, sachant que le temps aide à panser nos plaies, et puis, nous avions encore 2 FIV possibles ! Devant nous, 3 semaines pour préparer notre second voyage au bout du monde, une fuite à Tahiti, pour recharger nos batteries, nous retrouver, fuir la famille et ses descendances.

Déçus, tristes, mais encore au combat.

Puis le lendemain après midi, pause cigarette avec ma collègue. Et la, elle m’a sorti, de but en blanc : «  bon Koa, je sais que tu vas le deviner alors je préfère te le dire avant : je suis enceinte. »

Figée, anesthésiée, j’ai tenté un « félicitations à vous ! » … Elle m’a remerciée (visiblement je suis prête pour les Oscars, mon interprétation lui semblait sincère), puis a enchainé sur un : « mais je ne veux pas le dire aux autres, c’est trop frais encore. J’en parlerais en septembre, pour les 3 mois, en attendant c’est secret. » Ah …. Ok…..

Au bout de quelques minutes, qui m’ont paru une éternité, j’ai murmuré: aujourd’hui, je devrais être en train d’accoucher !

Un flash comme ça, venu de nulle part, car ma fausse couche ne m’a pas particulièrement touchée, et je n’y avais pas repensé depuis octobre précédent. Mais la, d’un coup, sous l’effet de cette annonce, mon inconscient a du réagir, piqué au vif : non seulement, elle m’annonçait cela le lendemain de mon échec, mais en plus, le jour où j’aurai du accouché si la génétique n’en avait pas décidé autrement.

Sa réponse ; Ah ? Moi, j’accoucherai début Mars.

Puis je suis remontée, ai envoyé un texto à petit chéri… sa réponse : je viens de me prendre un 33 tonne sur la tronche. Oui, moi aussi.

Puis je suis allée pleurer, loin, aux toilettes. Ce fut le début de longs mois de pleurs cachés, de bouffée de tristesse/colère/etc.. désemparée à chaque fois face à ces sentiments violents qui arrivaient d’un coup.

 

Elle m’avait tout volé. Ma grossesse, mon accouchement, mes espoirs. Mais surtout, ma bulle. Elle a ait éclaté ma seule bulle de respiration : mon boulot.

Le matin, depuis 3 ans, je déposais sur le paillasson de ma boite mes problèmes, n’y pensant presque pas de la journée, étant une femme 10 heures par jour, pas un utérus a scruter, un utérus à inséminer, à remplir à heures fixes. Juste, une nénette normale.

Avec cette annonce, cette bulle de protection m’a explosé au visage. Chaque minute, chaque seconde, en entendant sa voix, je me retrouvais face à mes échecs et blessures.

Elle a eu la décence d’être discrète, je pense même qu’elle s’est privée de beaucoup de partages de sa grossesse à cause de moi, mais j’ai eu mal tous les jours, un petit pique au cœur… alors que paradoxalement, j’étais heureuse pour elle et son mari…

En même temps, une de nos partenaires pro est tombée enceinte, donc toutes les 2 ont beaucoup parlé garde, douleurs de grossesse, etc.. et j’entendais, malgré moi…. La boule au ventre

Son départ en congé maternité à été une bouffée d’oxygène, même si encore une fois, le temps à apaisé ma colère.

Son fils est né le jour des 35 ans de mon mari. La fille de notre partenaire le jour de mes 35 ans.

Maintenant, si la FIV espagnole ne marche pas, j’angoisse pour sa reprise, en septembre …

God bless you

24 Avr

Plantage du décor :

 

Le top départ de notre FIV ICSI 1 a eu lieu un jour de réveillon de noël.

 

Ce jour la, nous partions fêter Noel en famille en province, longue route sous la neige, et impossible de caler un RDV avec une infirmière dans notre ville d’arrivée.

 

C’est en catastrophe que ma belle sœur a du me trouver une solution pour la piqure.

 

La solution la plus simple était la femme d’un cousin, en 5ème année de médecine, qui devait elle aussi passer le réveillon dans le coin.

 

Au milieu du diner, au moment de servir le foie gras (sacrilège, on n’interromps pas une dégustation de foie gras !! ), Cousine nous appelle pour dire qu’avant la messe de minuit, elle peut me piquer, qu’on peut donc venir.

 

Après 20mn de marche, nous arrivons donc chez la tante de chéri2mwa.

 

Les personnages :

 

La cousine X, le moi officiel et mon double (qui parlera entre les bidules la) et… Dieu

 

X : Alors, dis moi, pour quelle raison je dois te faire une intra musculaire ?

M : J’ai besoin d’une piqure pour lancer officiellement le traitement de notre première FIV

X : …

M : Après  5 échecs en insémination c’est un nouvel espoir ! J

X : …

M : Euh et donc … voila quoi ..

X : …

M : (hum… ca devient gênant .. long même je dirais.. et pourquoi elle est blême la ? ) Ca va ?

X : oui, enfin non en fait… je suis devant un cas de conscience… Mes convictions religieuses m’empêchent de te piquer, mais en tant que médecin je ne peux pas le refuser

M : (gloups..) comment ça ?

X : je ne veux pas être la main qui est à l’origine d’une grossesse non naturelle (ben vla autre chose ! ), si Dieu a voulu que vous attendiez, c’est qu’il a ses raisons (ben qu’il me dise lesquels, que je puisse contourner le problème, ça m’intéresserait bien tiens ! ), et je suis pro-vie (ah ben nous aussi, c’est pour ça qu’on aimerait bien que ça marche ! )

Et j’ai vu des femmes qui ont eu trop d’embryons, et qui ont du tuer des enfants, faire le choix d’en garder certains et pas d’autres (ah oui, et tu connais toi aussi un couple qui a tenté pendant des années d’avoir des enfants en vain, qui ont adopté et bam, grossesse naturelle ? non parce que tant qu’à donner dans le cliché..)

M : mais on en est pas la ! la décision finale serait la notre, pas la tienne, n’aies crainte… (tu vas me piquer oui !! bon sang ! )

X : vous êtes surs de ne pas vouloir attendre que la nature joue son rôle (et ton rôle à toi, c’est d’être casse couille ou bien ? ), de faire confiance à Dieu (depuis le temps, tu devrais savoir que je ne crois pas, et que c’est pas prêt de changer..)

M : non, on est plus si jeunes.. et on a la chance d’être bien encadrés par les médecins, et tu sais, on a un vrai problème de stérilité ..

X : .. en fait, ca me touche directement car avec mari.. on essaye depuis 2 ans aussi et ca ne marche pas… ( ! … nous y voila..) et que j’ai peur que nous aussi on ait des problèmes.. tu me renvois à nos échecs.. et ça fait peur..

M : mais ne t’inquiètes pas, regardes, il ya d’autres pistes (bon, ca va bien maintenant, fais moi mal !! piques moiiiiiiiiiiiii !!! )

X : non, je ne veux pas qu’un homme se prenne pour Dieu et décide de notre descendance ..

M : Ah … mais euh sinon, nous on a choisi… tu me piques ? (steplé, steplé, stepléééééééééé ! )

 

 

Pour la petite histoire, après l’échec de notre FIV, je lui ai envoyé un petit message pour « soulager » sa conscience et lui demander de leurs nouvelles. Il se trouve qu’en ce jour de noël, elle était enceinte de 3 jours, mais elle ne le savait pas encore.

C’est la première grossesse qui m’a vraiment touchée.. j’ai eu mal, j’ai eu la rage de voir que la nature lui donnait raison, de voir que ses croyances ont été validées/renforcées car elle a eu gain de cause, et pas nous…

Mais on est sauvés, elle m’a dit qu’elle priait chaque jour pour qu’on connaisse cette joie d’être parents.. naturellement.