ou la la, c’est le bordel la dedans !!

13 Mar

Après ces dernières péripéties médicales où, encore une fois, dame nature essaye peut être de nous passer un message, nous nous reconstruisons.
Les fondations sont bonnes et solides, notre amour supporte la charge des emmerdes.

Seulement, un étage de plus vient d’arriver, mes 37 ans sont là.

Oh, ce n’est pas grand-chose 37 ans. Oui, certes. Mais à 37 ans, ma mère avait 4 enfants. A 37 ans, ma belle-mère avait 5 enfants. Et nous, rien. Que de faux espoirs.
Lorsque le gynéco nous a dit pour la première fois que ça allait être compliqué d’avoir des enfants, j’avais 32 ans. A l’époque, j’avais mis des limites à ce que je pensais être capable de faire, d’endurer. Ces limites ont bien sur évolué au fil des échecs, mais il en reste une que je compte respecter : je ne veux pas avoir plus de 40 ans d’écart avec mon enfant. Impossible, c’est ma limite.

Je ne veux pas que notre enfant passe son bac alors que nous serions proches de la retraite. Je ne veux pas que si notre enfant se marie comme nous vers 30 ans, nous ne soyons peut être pas capables, du haut de nos 70 ans de l’accompagner vers sa moitié. Cela me semble trop.

Alors… du bas de mes 37 ans, il ne me reste plus que 2 ans pour accoucher. Ou pas.

Nos possibilités se raccourcissent donc, car je n’envisage pas de TEV avant octobre- novembre.

Et encore, je ne sais même plus si j’ai toujours envie, finalement, d’avoir un enfant…

Cette fausse couche m’a paralysé, m’a achevée, m’a presque dégoutée de cette envie.

Et quand je lis ici et là sur les blogs de pmettes la plénitude ressentie pendant la grossesse, l’oubli soudain du parcours, ou en tout cas l’atténuation, je suis dubitative. Alors oui, j’ai été très heureuse d’avoir un test positif, clairement. Mais je n’ai pas sauté de joie. Je n’ai pas été envahie d’une vague d’amour pour cet embryon naissant. Non. Juste super contente, mais bien emmerdée par la privation de saucisson.

Alors j’ai peur qu’à l’arrivée de mon enfant , idem, je me dise : ah oué. Ok, c’est cool. Mais rapidement voir les aspect chiants, sans être envahie par la guimauverie bisounourtesque que je lis souvent..

D’ailleurs, quand je vois un enfant, il m’énerve. L’autre jour, une amie est venue avec ses 2 petites filles dont ma filleule, leurs mouvements, leurs cris m’ont agacée. 3 heures ensemble et je n’avais qu’une envie, qu’elles partent pour que je reste au calme.

Je me demande donc si je serais capable de supporter un enfant, même le mien…

Je me demande si la nature ne cherche pas désespérément à nous dire que NON, il ne faut pas que nous soyons parents, que cela ne sert à rien de s’acharner, c’est juste pas pour nous.
D’ailleurs, quand j’ai rencontré mon mari, je ne voulais pas d’enfants. Il le savait et m’a épousé en connaissance de cause. Il faut peut être juste que l’on suive cette ligne de conduite initiale ?

Je ne sais pas, je ne sais plus… d’un autre côté, il nous reste 2 congelés… ça serait idiot de ne pas aller jusqu’au bout ? … Mais si cela marche, et qu’au cours de la grossesse je m’aperçoive qu’en fait, je ne veux VRAIMENT plus d’enfants.. eh ben on fait quoi, hein ??

Bref, c’est le bazar dans mon cerveau.. mais il me reste encore quelques mois pour démêler tout ça…

Tout ça pour ça

23 Fév

Petite rétrospective de cette semaine, qui encore une fois ne mettra pas Février sur le podium de mes mois préférés…

Lundi 17 : rdv avec le chirurgien pour caler l’opération de l’ablation du reste de l’oeuf et des muqueuses qui trainent. J’ai changé d’hôpital, je suis cette fois ci a Foch. Bonne équipe, très sympa, à l’heure… Bref, j’expose mon cas, montre les photos de l’hystéroscopie de janvier, et il me dit « on va quand même faire une écho, ça serait dommage de vous opérer pour rien… Car peut être que tout est parti avec vos dernières règles » (tu veux parler du sang qui coule non stop depuis 3 mois ? Dur de définir les règles la dedans…)

Il me trouve une écho de libre, valide a l’écran qu’il ya bien encore ce « truc », en me confirmant un très bel endomètre et une belle réserve ovarienne (donc pour la Xième fois j’entend « ah mais tout va très bien !! C’est étonnant que ça ne fonctionne pas… » oui, je sais merci, l’usine est nickel, c’est la production qui est merdique…. Comme si je sortais des sacs de contrefaçons, mais dans l’usine Vuitton… )

Bref, il valide l’opération pour le mardi 25, réserve mon rdv avec l’anesthésiste le lendemain. Merci-aurevoir.

Mardi 18 : rdv anesthésiste, j’insiste bien sur mes malaises récurrents après réveil, elle le note, me rassure. Rapide mais efficace

Mercredi 19 : appel du secrétariat gynéco : une place s’est libérée, ils veulent avancer mon opération. Branles-bas de combat, je gère à l’arrache mes derniers dossiers, file me faire épiler, m’organise au mieux pour mes 2 jours d’absence.

Jeudi 20 : arrivée a 7h30 a jeun « oh mais vous êtes en avance, l’opération est a 11h30 » (arg, j’ai déjà faim !!!). Finalement je descend au bloc a 10h30.

Bonne organisation, je rentre au bloc sous une couverture chauffante (jamais vu ça 🙂 ) , l’anesthésie se met en place, bref, je plonge dans le sommeil…. Pour être réveillée brutalement, toujours au bloc. Le médecin me parle, je lui répond, je me rendors et on me transfert en salle de réveil.
Je ne me souviens pas trop de la discussion, j’ai un vague souvenir d’avoir entendu « il n’y a plus rien » je suppose donc que l’opération a réussi. Je passe par plusieurs phase de dodo/réveil.

Puis arrive l’interne, qui me débrief et me balance : en fait, on est rentré avec la caméra, mais il n’y avait plus rien dans votre utérus. Plus de rétention, plus de muqueuse. – Quoi ? Mais l’écho a confirmé, non ? – oui, ce n’était pas très clair…- j’ai donc eu l’opération pour rien ?! ? – pas vraiment pour rien, vous aurez eu une hystéroscopie… Sous AG.

Donc je résume : une anesthésie générale (alors que je la supporte mal) pour rien, un lit occupé une journée et payé par la sécu pour rien, une équipe médicale au complet mobilisée pour rien, 2 jours d’arrêts maladie, donc 2 jours de salaires en moins pour rien. Alors que le gynéco a insisté pour vérifier d’abord par écho.Tout ça pour ça.

Bon, c’est sur que je préfère une opération pour rien à une opération avec complications mais quand même…. Encore un coup de ma marraine la poisse, bienvenues dans ma vie de merde.

Le pire est à venir

11 Fév

Début Juillet 2011, une collègue dont je suis très proche (au sens proximité physique et affective) m’a annoncé sa grossesse. Le lendemain de mon échec de Fiv 2. Le jour où j’aurais dû accoucher si je n’avais pas eu de fausse couche quelques mois avant.

Ça a été un cataclysme. Je travaille dans une petite boite avec pas mal de femmes, cela me pendait au nez, mais… pas à ce moment-là. Pas elle.

J’ai voulu partir, changer de boite, la fuir.. Mais mon boss a su m’écouter, trouver des solutions. Et surtout, elle a su ne pas trop m’imposer son bidon. Ces mois ont été très durs pour moi, mais la souffrance a pris fin à son accouchement. Le jour de l’anniversaire de mon mari.

J’ai culpabilisé longtemps à cause de cette satanée ambiguïté : heureuse pour elle, mais tellement triste pour moi. J’ai eu la sensation que face à mon désarroi, elle s’est bridée et j’ai l’impression de lui avoir « volé » les beaux moments de sa grossesse.

Vous me voyez venir, non ???

Miss sera la grossesse N° 82 de notre entourage depuis nos essais.

Ce matin elle m’a confirmé sa nouvelle grossesse « Je ne peux rien te cacher, je sais que tu sais ». Oui je sais, mais parfois, les réponses font plus mal que le doute.

Ainsi donc pile poil 2 mois après ma grossesse avortée, elle tombe enceinte. En C1.

Je pensais être doucement en train de faire le deuil d’un enfant que l’on aura surement jamais, passer devant des écoles ne me faisait plus rien, voir des femmes enceintes dans le métro m’était égal, je pensais gérer plutôt bien la perte de mon « espoir de bébé ».

Jusqu’à ce matin.

Je vais devoir assister impuissante à son ventre qui s’arrondit quand le mien va devoir subir un curetage pour enlever les derniers débris de cet « espoir de bébé ».

Je vais devoir supporter le bonheur épanoui quand je suis rongée de l’intérieur par le désespoir.

Je vais devoir gérer son remplacement quand elle partira en congé mater, peu de temps après la date où moi j’aurais dû partir.

Je vais devoir jouer Poker face quand mes collègues ne pourront, une fois de plus, pas comprendre la tempête intérieure qui m’anime.

Mais je pense que le pire est à venir.. la projection va être totale, je vais avoir mal, très mal.

Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout, les malchanceux, ceux à qui tout arrive

28 Jan

La Malchance est la bonne fée qui s’est penchée sur mon berceau à ma naissance.

Une marraine un peu envahissante, collante, et toujours là pour regarder derrière mon dos, guettant le moindre moment où elle pourrait intervenir.

Oh, rien de grave, pas d’accidents majeurs, pas de coups de grâce, juste là, éternellement là, à mes côtés.

On avait cru (bien naïfs !!) que cette tentative heureuse (la 11ème tout de même, la patience est mère de toutes les vertus, dit l’adage) la ferait partir un peu, cette poisse.
Bon ben non, en fait, la grossesse s’est arrêtée. Œuf clair, ça arrive parfois, c’est pas si courant, c’est pas de chance il parait (ah ah ben oui, encore un coup de ma marraine, merci marraine..).

Normalement, à mon stade de grossesse une bonne cure de cytotec et zou, on en parle plus !

Alors, je l’ai bien sentie la cure, j’ai bien expulsé des morceaux et des morceaux, j’ai bien perdu tout plein de sang. Mais non. Tel un chewing gum collé à ma semelle, il restait des bouts accrochés. Hop, retour à la case cytotec, c’est pas de chance quand même (dixit l’échographe)

1 mois après, enfin, la place rouge était vide (devant moi marchait Nathalie.. si ça se trouve, c’est le ptit nom de la fée maléfique..).

1 mois encore après, alors que nous nous apprêtions à rompre avec Béclère (oui nous on est des fous, Dieu nous veut dans son protocole DPI ? Et bien nous on fronce du nez, en disant « finalement, non merci »), un petit examen de routine après fausse couche (on a crié hystéroscopie en fond de salle ? Bonne réponse ! ) nous a montré qu’en 2014, la fée malchance nous surveille encore.

Alors que j’étais à 2 doigts de défaillir pendant l’hystéro mon mari a eu la chance de découvrir des endroits insoupçonnés de mon corps. Sauf qu’au lieu de découvrir un utérus tout beau tout lisse, il a eu des surprises.

Oui, cette fuc**ing marraine nous a fait un joli petit cadeau : une petite rétention de l’œuf et de la muqueuse qui se ballade.

C’est rare parait-il après 2 cures, pas de bol hein ! Merci marraine !

Alors l’état des lieux n’étant pas bon, qui c’est qui va devoir passer sur le billard ? C’est bibi !!

Cela fait 15 jours que je dois prendre RDV… mais pas envie, ras le pompon des demi- journées à poser pour : 1 – prendre RDV avec le chir’ / 2 – prendre RDV avec l’anesthésiste (oui opération sous AG..) / 3 – se faire charcuter

Alors oui, après ça j’aurais une magnifique piste d’atterrissage pour nos 2 embryons vitrifiés.. oui cette fois ci sera de fait peut etre la bonne…

Mais…

Mais je la sens toujours là, cette marraine la poisse, cette chape de malchance qui me colle et ne me quitte plus.

nouvelle année-antie

7 Jan

1- 31 décembre 2008 : Bonne année mon chéri, ces quelques mois d’essais vont porter leurs fruits, en 2009, on l’aura notre bébé !

2- 31 décembre 2009 : Bonne année mon chéri, maintenant qu’on sait que tes petits nageurs sont un peu faibles, grâce aux iac, on va l’avoir notre bébé !

3- 31 décembre 2010 : Bonne année mon chéri, allez, avec les FIV, notre rêve devient sûr et certain, et puis la fausse couche c’est positif non ? ça prouve bien qu’avec les fiv et les embryons choisis, je vais être enceinte en 2011 !

4- 31 décembre 2011 : Bonne année mon chéri, il est 22h, on va se coucher ? et puis on a bien fait de faire une pause en pleine cambrousse, sans internet, sans tel, on nous emmerdera pas avec des vœux débiles qui ne se réalisent pas…

5- 31 décembre 2012 : Bonne année mon chéri, 2013 sera l’année du don, tout le monde nous dit qu’on va enfin avoir notre petit bébé !

6- 31 décembre 2013 : Bonne année mon chéri. Je t’aime et ya que ça qui compte..

En ce début d’année 2013, 6 ans d’attentes, 60ème cycle, bam dans ta face !

Alors non, plus de vœux. Plus de rêves inaccessibles, plus de souhaits. Du concret, juste du concret atteignable.

Juste savoir qu’au Printemps on va chercher nos 2 embryons vitrifiés, s’ils tiennent le choc.

Et ensuite ? Ensuite, je pense qu’on arrêtera tout. Je ne veux pas que cette année soit l’année de trop, l’année de l’usure, l’année de la pente trop dure à remonter.
Le cap des 7 ans est parait il un cap difficile, dans beaucoup de domaines. Alors, je ne veux pas d’un futur 31 décembre 2014 dans le flou.

Je ne veux qu’une année de prise de décision ferme, ou une année de grossesse évolutive avec enfant en bonne santé. Ni plus, ni moins.

Et pour vous, je vous souhaite une année digne de vos ambitions, quelles qu’elles soient.

Regarder droit dans le soleil

3 Déc

Tous les jours on retourne la scène
Juste fauve au milieu de l’arène
On ne renonce pas, on essaye,
De regarder droit dans le soleil

Et ton coeur au labour de lumière
Quand l’amour revient à la poussière
On ne se console pas, on s’enraye
Mais on regarde droit dans le soleil

À la croisée des âmes sans sommeil
L’enfer est myope autant que le ciel
On t’avait dit que tout se paye
Regarde bien droit dans le soleil

Tourne, tourne la Terre
Tout se dissout dans la lumière
L’acier et les ombres qui marchent
A tes cotés

Dans le parfum des nuits sans pareil
Et l’éclat des corps qui s’émerveillent
Ses lèvres avaient un gout de miel
On regardait droit dans le soleil

Les serments se dispersent dans l’air
Et les mots qui retombent à l’envers
On ne sait plus comment ça s’épelle
Regarder droit dans le soleil

Tourne, tourne la Terre
Tout se dissout dans la lumière
L’acier et les ombres qui marchent
A tes cotés

Assiégé par le chant des sirènes
Sentinelle au milieu de la plaine
Le tranchant de l’oeil en éveil
Pour regarder droit dans le soleil.

Pas de débat sur l’artiste, SVP, j’avais juste envie de mettre en lumière cette chanson dont je suis tombée amoureuse à la première écoute.
Chanson qui m’a fait penser à la PMA, chanson qui sera pour moi à jamais collée à cette fausse couche.

« On ne renonce pas, on essaie de regarder droit dans le soleil »

On l’appellera…

26 Nov

Léonarda…. Ouais ok, humour noir, mais comme l’avis d’expulsion est incontournable… On lui a trouvé ce petit nom 😉

Donc hier le super centre d’échographie a bien confirmé un oeuf clair.

On m’a conseillé d’arrêter mon traitement, ce que j’ai fait sans la validation d’Eugin.

Je suis donc en attente de la fausse couche, et si rien d’ici jeudi matin, l’hôpital me conseillera sur le cytotec ou l’aspiration…

En attendant, je me suis précipitée hier sur le saucisson.

Oui j’ai honte, mais pendant ces 4 semaines de grossesse, je n’ai vraiment mais alors vraiment pas supporté cette privation de saucisson… C’est débile hein! J’en arrive même à me demander si je suis faite pour les sacrifices maternels, si je ne supporte pas 30 jours le sacrifice du saucisson….

Bref, saucisson (jouissif…) et petit verre de vin blanc pour non pas fêter cette expulsion, je ne suis pas si dark… Non mais pour se dire que ça a marché.. Un peu… Donc la prochaine aura peut etre plus de chance ?

On a 2 findus, on a encore 2 chances.

Voila, j’attend maintenant les douleurs atroces de l’avortement, mais j’y suis préparée …enfin disons que psychologiquement, je suis prête, c’est déja une grosse part du boulot. J’ai de la ressource (oui, je me répète 😉 )